Scoop : quand les voitures se parlent

Après quatre années de développement, le projet Scoop, soutenu par l’Europe, prend la route. Son but : améliorer la sécurité routière en instaurant un dialogue entre véhicules et avec les infrastructures.

A l’exception du sticker qui les décore, rien ne distingue les deux véhicules garés devant les locaux de l’Ifsttar, à Champs-sur-Marne, de n’importe quelle Mégane Renault ou DS de PSA. Ni à l’extérieur, ni à l’intérieur. « Nous avons énormément travaillé sur l’intégration de Scoop dans l’ergonomie du véhicule », explique Delphine Duperay, responsable du projet Scoop pour le groupe PSA.

Scoop ? Tel est le nom d’un projet, cofinancé par l’Union Européenne et qui vise à tester la façon dont des véhicules peuvent communiquer entre eux, automatiquement, mais aussi échanger avec les infrastructures routières. « La Mégane et la DS de démonstration sont donc équipées d’antennes et d’un software, qui informent les conducteurs d’incidents se déroulant jusqu’à un kilomètre plus loin », explique Christine Tissot, responsable Scoop chez Renault.

Une icône informe le conducteur

En réalité, tous les véhicules récents actuels sont équipés de calculateurs qui enregistrent tout, ou presque : la vitesse des essuie-glace, l’activation de l’ABS ou de l’EPS (électrostabilisateur), l’utilisation des feux de brouillard ou de l’airbag.  Mais ces informations ne servent pour l’heure qu’à surveiller le bon fonctionnement du véhicule. Avec Scoop, ces données sont interprétées puis transmises, du moins lorsqu’elles dépassent un niveau jugé « normal » : freinage d’urgence, brouillard, accident, etc. Les véhicules circulant en aval voient alors s’allumer sur l’écran de leur navigateur de bord une petite icône les informant de la nature du danger.

A gauche, Delphine Duperay, responsable du projet Scoop pour le groupe PSA, à droite Christine Tissot, responsable scoop chez Renault. ©Urban Utopia

Des unités de bord de route, installées par les gestionnaires routiers (sociétés d’autoroute, direction départementale des routes, etc.), sont, elles-aussi, automatiquement informées, et se chargent de prévenir les véhicules suivants. Les gestionnaires d’infrastructures peuvent, par ailleurs, envoyer eux-mêmes des informations qui seront, également, automatiquement transmises aux véhicules équipés de Scoop : intervention en cours sur la route, fauchage d’arbres, présence d’une déneigeuse, accident, etc.

Phase de roulage

Lancé en 2014, le projet rassemble de multiples partenaires autour du ministère des Transports, qui en assure la coordination : le ministère de la Transition écologique et solidaire, le groupe PSA, Renault, mais aussi des universités et instituts de recherche (le Cerema, l’Ifsttar, l’université de Reims Champagne Ardennes, l’institut Mines-Telecom Paristech), des opérateurs de réseau (Orange, Idnomic), ainsi que des gestionnaires d’infrastructures (Sanef, direction des routes dans les régions concernées) et des collectivités locales. Les véhicules et les protocoles de communication sont désormais prêts et validés, et la phase de tests grandeur nature va donc commencer.

Les informations automatiquement reçues via le système scoop s’inscrustent dans le navigateur des véhicules. ©Urban Utopia

L’idée est de faire rouler 3 000 véhicules sur 2 000 km de routes, de types très divers : des départementales et nationales en Bretagne, des routes plus montagneuses en Isère, l’autoroute A4 entre Paris et Strasbourg, et, enfin , les grands axes franciliens. PSA propose donc à ses clients acheteurs de tester le système, tandis que Renault s’adresse plutôt à des flottes captives.

« L’idée est de savoir si le système fonctionne bien dans tous les environnements, mais aussi de savoir quel usage les conducteurs feront de l’information qui leur sera donnée », explique Delphine Tissot, « car le but est bien d’améliorer la sécurité routière », renchérit Delphine Duperray. Bien entendu, Scoop pourrait s’avérer d’un intérêt primordial pour les futurs véhicules autonomes en anticipant les difficultés.

Sur le même sujet

Haut