Rénovation énergétique des bâtiments : une priorité nationale du gouvernement

14 milliards d’euros mobilisés, 500 000 logements par an rénovés, atteindre la neutralité carbone en 2050… Le plan de rénovation énergétique des bâtiments dévoilé par Nicolas Hulot le 26 avril à Angers se veut autant ambitieux qu’exhaustif.

Cet énième plan en faveur de la rénovation énergétique des bâtiments sera-t-il le bon ? L’avenir le dira mais force est de constater que le gouvernement a engagé une vaste offensive actionnant tous les leviers à la fois avec deux intentions majeures : « atteindre la neutralité carbone en 2050 et rénover 500 000 logements par an dont la moitié est occupée par des ménages aux revenus modestes », a annoncé Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, lors de la présentation de ce plan quinquennal le jeudi 26 avril à Angers, en présence de Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires. Si les montants annoncés étaient d’ores et déjà connus, la batterie de 32 mesures pour atteindre les objectifs du gouvernement a en revanche été affinée suite à la concertation avec tous les acteurs menée au cours des trois derniers mois.

Cercle vertueux

Plaçant la rénovation énergétique des bâtiments au rang de priorité nationale, le gouvernement veut engager un cercle vertueux visant un double objectif : « réduire la facture de chauffage des Français et lutter contre le changement climatique », sachant que le secteur du bâtiment est responsable de près de la moitié de la consommation d’énergie finale (45 %) et de 27 % des émissions de gaz à effet de serre. En rénovant 500 000 logements par an, le gouvernement espère réduire progressivement le nombre de passoires énergétiques estimé à 7 millions.

Nicolas Hulot a profité de son déplacement à Angers pour visiter le lycée Simone Weil ayant fait l’objet d’une rénovation thermique complète.©Préfecture de Maine-et-Loire

Pour ce faire, le gouvernement se donne les moyens de ses ambitions en mobilisant sur le quinquennat 14 milliards d’euros en investissements et en primes, complétés par 5 milliards de certificats d’économie d’énergie directement utilisés pour financer le plan rénovation. Les outils mis en œuvre s’adaptent à « tous et toutes les situations », a assuré Nicolas Hulot, tant les logements que les bâtiments tertiaires, le privé que le public. « Le plan prévoit le déploiement d’une rénovation énergétique abordable pour venir en aide aux plus fragiles face au froid (14 % des Français) », a ajouté Jacques Mézard.

3 milliards pour le logement social

Aussi, l’Agence nationale de l’habitat (Anah) disposera d’une enveloppe de 1,2 milliard d’euros pour aider les ménages les plus modestes à rénover leur logement, tandis que le logement social bénéficiera de 3 milliards. Le plan prévoit également la création d’un fonds de garantie de prêts de plus de 50 millions d’euros pour financer le reste à charge des ménages avec des faibles revenus (35 000 par an). Il vise aussi à « simplifier les aides pour tous les Français en transformant le crédit d’impôt transition énergétique (CITE) en prime (le montant sera fixé en fonction de l’efficacité énergétique des travaux et non plus de leur coût) et en adaptant les prêts existants » dont le fameux éco-prêt à taux zéro, particulièrement complexe à mettre en oeuvre. Le gouvernement souhaite également fiabiliser le diagnostic de la performance énergétique (DPE) des logements.

Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire, lors de la présentation de ce plan quinquennal le jeudi 26 avril à Angers. ©Préfecture du Maine-et-Loire

Des bâtiments publics « exemplaires »

Outre l’habitat, le plan concerne aussi les bâtiments publics tertiaires avec l’ambition d’en faire « des bâtiments exemplaires en matière d’efficacité énergétique ». Un ambitieux programme de rénovation « massive » des bâtiments publics de l’Etat et des collectivités locales mobilisera 4,8 milliards d’euros, dont 2,5 milliards apportés par la Caisse des Dépôts. Pour entrainer les collectivités locales dans cette « stratégie globale », le gouvernement suggère de « mutualiser les moyens et massifier les contrats » en missionnant une start-up chargée de les accompagner. Enfin, il s’agit aussi de « créer une nouvelle dynamique de filière pour rénover plus, mieux et moins cher », ce qui nécessite d’investir dans la formation des professionnels (30 millions d’euros) et l’innovation (40 millions).

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