Inde : 99 villes pilotes de la smart city

Le gouvernement indien a engagé, en 2015, un ambitieux programme, soutenu par la France, visant à inciter les villes à prendre en main leur « smart » développement et devenir des démonstrateurs. Près d’une centaine de territoires pilotes ont été sélectionnés pour mettre en œuvre des solutions de développement durable et inclusif.

Deuxième pays le plus peuplé au monde après la Chine (1,33 milliard d’habitants contre 1,38 milliard en Chine), l’Inde fait face à d’incommensurables problèmes d’urbanisation galopante. Assainissement, eau, déchets, déplacements, logement…, tous les sujets sont à l’ordre du jour, dans un environnement proche de l’asphyxie. En 2015, le Premier ministre, Narendra Modi, a lancé le programme « 100 smart cities » en vue d’avoir des villes durables et vivables. « La mission “smart cities” est une initiative phare du gouvernement indien, avec un système de gouvernance très innovant, qui vise à favoriser la montée en compétences des échelons décentralisés et une approche globale des questions d’aménagement urbain, impliquant même les citoyens dans la sélection des projets, explique Alexandre Ziegler, ambassadeur de France en Inde. Chacune des villes proposées par les États indiens ont dû soumettre une “smart city proposal”. »

Sites expérimentaux

Selon qu’il s’agit de renouvellement d’un quartier ou de réaménagement urbain, des sites expérimentaux de diverses superficies (de 20 à 200 hectares) sont définis, sur lesquels sont testés des solutions permettant d’atteindre les objectifs de la smart city. Ensuite, la stratégie sera dupliquée sur l’ensemble de la ville. Enfin, le « greenfield development » vise à trouver des solutions innovantes de production et de financement de logements abordables pour les plus démunis, notamment en périphérie des villes. Grâce aux nouvelles technologies, l’ensemble devra mettre en œuvre des systèmes d’information et de gestion des données innovants, « afin d’améliorer les infrastructures et l’offre de services », stipule le gouvernement, ciblant notamment la gestion intelligente du trafic, les compteurs intelligents ou encore des dispositifs de recyclage des eaux usées.

 

Dans le cadre de la mission « 100 smart cities », la France accompagne spécifiquement les villes de Chandigarh, Nagpur et Pondichéry. Ici Alexandre Ziegler, ambassadeur de France en Inde, participe à une démonstration de vélo électrique à Pondichéry.©Ambassade de France en Inde.

« Renouveau des villes indiennes »

« À ce stade, il s’agit d’un cadre de priorité d’investissement sans encore de réel plan d’urbanisme », constate l’architecte Brice Piechaczyk, cofondateur de l’agence Enia (lire par ailleurs). Les postes les plus lourds et les moins matures sont les infrastructures de transport dans les villes (métro) et entre les métropoles (avions, trains), ainsi que la gestion des déchets. « De réelles opportunités sont à saisir par les urbanistes, car chaque ville lance des appels d’offres pour mener des études et des réflexions sur leur aménagement, poursuit Brice Piechaczyk. Ensuite, des concours concerneront l’architecture. » S’il est encore trop tôt pour juger de la réussite du programme, il a d’ores et déjà le mérite d’avoir lancé « une dynamique » et « de mettre à l’agenda politique la question de la planification du développement urbain ainsi qu’un certain nombre de nouveaux sujets en Inde : pistes cyclables, multimodalité, accessibilité, aménagement des berges, mobilité électrique et propreté des espaces publics, fait valoir l’ambassadeur. En insufflant une vision plus intégrée et transversale de l’aménagement urbain, cette initiative pourrait donc poser les jalons d’un renouveau à long terme des villes indiennes. »

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