Gaspard Giroud met la réalité virtuelle au service de l’immobilier new-yorkais

Arrivé à New York il y a 18 ans, Gaspard Giroud, français d’origine lyonnaise, a mis Manhattan en réalité virtuelle. Promoteurs, investisseurs, touristes et marques divers en redemandent.

Quand il ne pilote pas un hélicoptère pour des visites de repérage immobiliers ou des équipes de tournage, – il vient de réaliser les scènes de survol de Manhattan du prochain film de Xavier Dolan – Gaspard Giroud, la quarantaine agile, ne se repose pas. Ce lyonnais, architecte de formation, (Ecole de Paris-Belleville) arrivé à New York il y a dix-huit ans pour un master à Columbia University, a créé un outil de réalité virtuelle qui séduit. Le magnat de l’immobilier américain, Steve Roth (Vornado) l’utilise pour la transformation de Penn station, 2° plus grande gare de Manhattan après Central station.

La VR (virtual reality) de Garou, une des structures de Gaspard Giroud, possède Tesla ou WeWork parmi ses clients. Le constructeur californien de voitures électriques dispose ainsi d’une boutique virtuelle, dans laquelle chacun peut admirer ses modèles, jouer à ouvrir leurs portières, les faire tourner devant soi. WeWork, le spécialiste du coworking, a demandé à Garou de modéliser un appartement type, afin de constituer un outil de commercialisation.

Flynyon, la société qui a révolutionné les survols de Manhattan en hélicoptère a demandé également à Garou de recréer son expérience en réalité virtuelle. Chacun peut ainsi, sans quitter le plancher des vaches, frissonner en suspension au-dessus de Big apple, toutes portes de l’hélicoptère ouvertes. La société new-yorkaise est actuellement en négociation avec des promoteurs parisiens qui s’intéressent à sa maîtrise de la VR dans le cadre d’un projet de rénovation du centre de la capitale française.

Modélisation de Penn Station pour Vornado.© Garou

Piranha et Public Square

Pour Garou, la VR s’est ajouté à un savoir-faire développé dans l’imagerie immobilière depuis des années. « Gaspard Giroud a commencé en créant des images 2D pour le compte de promoteurs new-yorkais », raconte Max Poussier, director of content de Garou, dans le vaste loft de Wall Street qui sert de studios aux sociétés du groupe. Puis il a créé Piranha en 2009 avec son associé Rob Sabatini, un « shop de design », autrement dit un studio de création graphique spécialisé dans les films immobiliers publicitaires, se rendant notamment célèbre par un court-métrage promotionnel de la tour One, qui a succédé aux Twin Towers. Public Square, une de ses sociétés, continue de réaliser des rendus d’architecture tandis que Garou œuvre dans la réalité virtuelle.

Max Poussier, director of content de Garou. © Jgp

Il faut vivre l’expérience de la modélisation en VR de Manhattan réalisée par la jeune société, survoler New York en hélicoptère avec une étonnante sensation de réalité, ou encore s’avancer à l’extrémité d’un parvis situé au sommet de l’Empire state building, – vertige garanti – pour saisir la puissance de l’outil. “Nous sommes obsédés par la qualité visuelle”, assure Gaspard Giroud. Garou a donc le vent en poupe. Son carnet de commandes ne désemplit pas et Anish Kapoor, le célèbre artiste indien, vient de valider la modélisation en VR de la tornade rouge qu’il a proposée au Guggenheim, et dont Garou permet une expérience plus vraie que nature avant la réalisation de l’œuvre dans le monde réel.

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