A Lille, une chaire pour imaginer le chantier de demain

Bouygues Construction et l’école Centrale Lille ont créé en partenariat une chaire Construction 4.0 qui rassemble des doctorants et des collaborateurs de l’entreprise de BTP.

Mieux appréhender les évolutions des métiers du bâtiment et inventer les modes de construction de demain : c’est l’ambition de la chaire Construction 4.0 créée en partenariat par l’école Centrale Lille et Bouygues Construction. Une équipe de recherche mixte, composée de doctorants, de jeunes chercheurs et de collaborateurs de l’entreprise de BTP, va travailler autour des trois axes suivants : la robotisation et l’automatisation du chantier, son optimisation et, enfin, la mise en place de « méthodes de conception disruptives [permettant] une conception efficace, automatisée, intelligente et adaptée », précisent les deux partenaires dans un communiqué diffusé à l’occasion de l’inauguration officielle de la chaire, le 28 mai dernier.

L’équipe de la chaire Construction 4.0 est composée de doctorants, de jeunes chercheurs et de collaborateurs de Bouygues Construction. ©Centrale Lille

Travail en binôme

Ce partenariat s’enracine dans des relations nouées de longue date entre Bouygues Construction et Centrale Lille. Ainsi, le titulaire de la chaire, le professeur en génie civil Zoubeir Lafhaj, collabore depuis plus de 15 ans avec l’entreprise de BTP qui a par ailleurs déjà accueilli des doctorants de l’école d’ingénieurs, en particulier dans le cadre de deux thèses, dont l’une sur l’impression 3D dans la construction.

« Il s’agissait de premiers projets structurants, mais nous nous sommes dit que si l’on voulait toucher fortement le monde de la construction et le faire évoluer, il fallait engager des programmes de recherche de plus grande ampleur, témoigne Laure Ducoulombier, responsable de la chaire construction 4.0 chez Bouygues Construction. Ce qui nous a séduit dans ce projet c’est qu’il s’agit d’une chaire où l’entreprise est fortement impliquée et dont nous avons co-construit le projet et le fonctionnement avec le professeur Zoubeir Lafhaj. Nous travaillons en binôme pour piloter les recherches ».

“Parler le même langage”

“La feuille de route de chaque projet initié dans le cadre de la chaire est validée, voire co-construite, par un directeur recherche et développement de Bouygues Construction, tandis qu’un chef de projet au sein de l’entreprise va dédier un temps conséquent à guider la recherche”, explique encore Laure Ducoulombier.

Laure Ducoulombier, responsable de la chaire construction 4.0 chez Bouygues Construction : « Il s’agit d’une chaire où l’entreprise est fortement impliquée ». ©Bouygues Construction

« Le rôle de ces personnes est très important : de par leur regard très opérationnel, ils nous permettent d’avoir une recherche en phase avec nos besoins et nos process. Ils vont aussi apprendre aux étudiants en thèse, qui généralement ne connaissent pas le monde de la construction et n’ont jamais mis les pieds sur un chantier, les besoins de l’industrie, comment fonctionne notre secteur ».

Pour Zoubeir Lafhaj, cela « permet à chacun de parler le même langage. Les doctorants ont accès à des données et des pratiques ancrées dans la réalité et mènent des recherches à partir de besoins identifiés par les professionnels ».

Indicateurs en temps réel

Parmi les sujets de recherche au programme de la chaire : la maintenance prédictive, l’intelligence artificielle en génie civil ou encore le chantier de demain (le “gros œuvre 4.0”). Objectif : mettre au point des modes d’organisation et de conception plus efficients qui intègre les nouvelles technologies (robotisation, impression 3D…) et où la collecte et le partage de données pourront être intégralement digitalisés.

Le professeur Zoubeir Lafhaj, titulaire de la chaire Construction 4.0 : « Les doctorants ont accès à des données et des pratiques ancrées dans la réalité ».© Centrale Lille

« Nous travaillons à des tableaux de bord et des indicateurs disponibles pour toutes les parties prenantes (client, fournisseur…) qui pourront suivre l’avancée du chantier en direct », illustre Zoubeir Lafhaj.

 

La chaire Construction 4.0 est dotée d’un budget de 4 millions d’euros sur cinq ans, dont 3 millions émanant de Bouygues, 200 000 euros de Centrale Lille (en plus de la mise à disposition des enseignants), 500 000 euros de la région Hauts-de-France et 300 000 euros de la Métropole européenne de Lille.

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