Maboneng (Afrique du sud) : Lot-Ek signe un immeuble mixte en containers

Le building en V qui vient d’être inauguré à Maboneng, près de Johannesburg, en Afrique du sud, composé de containers up-cyclés, illustre le travail des architectes napolitains de Lot-ek, implantés à New-York depuis 25 ans.

« C’est sans doute un des plus grand ensembles bâtis à base de containers », indique Ada Tolla, en évoquant le « live-work » building qu’elle a dessinée à Maboneng, près de Johannesburg en Afrique du sud, et qui vient d’être inauguré. « A l’exception des empilements de containers transformés en logements, qui ne sont pas à proprement parler de l’architecture», poursuit la cofondatrice, avec Giuseppe Lignano, du cabinet Lot-Ek, spécialiste new-yorkais de l’up-cycling. Qui se distingue du re-cycling par le fait « qu’il ne s’agit pas de passer les objets utilisés à la moulinette pour s’en servir de matière première mais de leur rendre hommage », résume l’architecte, dans le loft qui abrite ses bureaux, à la frontière de Little Italy et de China Town, dans le sud-est de Manhattan.

Elévation de l’immeuble de containers réalisé par Lot-Ek en Afrique du sud. © Lot-Ek

« L’immeuble de containers de Maboneng compte 60.000 sq. feet (6000 m2) et comprend à la fois des appartements et des lieux de travail pour leurs habitants », précise Virginie Stolz, Architect Senior Designer à Lot-Ek.

Urban Scan

Ada Tolla évoque avec enthousiasme, entre deux éclats de rire, la conception artistique de son travail, et du dialogue qu’elle entame avec les objets recyclés, dialogue à trois puisqu’il intègre également l’environnement des bâtiments ainsi conçus. Ada Tolla et Guiseppe Lignano, tous deux Napolitains, se sont réellement rencontrés, s’ils se connaissaient déjà auparavant, lorsqu’ils suivirent un master d’architecture au sein de la prestigieuse Columbia université, il y a 25 ans.

« Nous étions très excités par le poids de l’histoire américaine », raconte celle qui invente alors le concept d’urban scan avec son camarade. Tous deux sillonnent les Etats-Unis, et New York très largement, photographiant tout. « Nous avons constaté l’hyperproduction d’objets de toutes sortes, de systèmes que la culture et l’industrie américaine produit. Nous avons commencé à créer des choses à partir d’objets, de décoration d’intérieur d’abord, puis plus grands, raconte Ada Tolla. Les objets et systèmes existants possèdent leur propre histoire, leur propre langage. Il y a des choses que vous pouvez faire et d’autres que vous ne pouvez pas, poursuit-elle. Parfois vous respectez cela, parfois vous devez violer, couper, exposer, transformer les objets ».

« C’était dur au début, confie-t-elle également. Les gens nous disaient : vous faite du recyclage. Le terme d’up-cycling n’existait pas. Mais nous ne nous reconnaissions pas dans le terme de recycling, Nous avons d’abord utilisé des trucks-containers puis des shipping containers, plus propices à l’architecture. Beaucoup nous demandent pourquoi nous nous imposons ces contraintes de forme et de taille, mais encore une fois, cela stimule notre créativité », ajoute-t-elle.

Une maison de 500 m2 à Williamsburg

Lot-Ek a réalisé des œuvres, notamment à base de containers partout dans le monde, à l’instar de Puma city, magasin-bureau- bar démontable, qui a voyagé en suivant la Volvo Race, suivant chaque escale de la régate. Le résidentiel est nouveau pour le cabinet, qui profite de l’augmentation, à New-York, des Flour area ratios (l’équivalent de feux nos coefficients d’occupation des sols), et développe son activité en dessinant notamment des extensions pavillonnaires.

Lot-Ek vient de livrer une maison de 500 m2 à Williamsburg, Brooklyn, (2 Monitor street), assemblage up-cyclé de 15 containers, sur une commande de Kim et Joe Caroll, un couple de restaurateurs à la mode à New-York. Les éléments, préfabriqués, ont été montés en trois jours.

 

Les bureaux de Lot-Ek, Lower east Side – New York. © Jgp

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