Energies renouvelables : le savoir-faire français à l’international recensé

Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) et l’Ademe ont créé une cartographie interactive qui liste les projets portés par les entreprises françaises du secteur dans le monde entier. Un outil de valorisation qui montre également que les acteurs hexagonaux tirent leur épingle du jeu dans ce marché en pleine expansion.

Premier pilote de dessalement d’eau de mer à Abu Dhabi (Emirats Arabes Unis) pour Mascara, installation de panneaux solaires photovoltaïques sur des bâtiments tertiaires au Ghana par Smart Energies, implantation d’une centrale solaire de 180 Mwc au Brésil par Green Lighthouse avec un partenaire local (marché de 180 millions d’euros), ou encore pose par Ideol de démonstrateurs flottants en vue d’installer des fermes éoliennes au large du Japon…

Ideol, spécialiste de l’éoline en mer flottant doit implanter des démonstrateurs au large du Japon. ©Ideol.

Près d’une centaine de marchés remportés par des entreprises françaises de la filière des énergies renouvelables (éolienne, solaire, géothermie, hydroélectricité, énergies marines renouvelables et bioénergies) sont recensés sur la carte interactive créée par le Syndicat des énergies renouvelables (SER) et l’Ademe fin 2017. « Et il s’agit d’une fourchette basse », convient Cyril Carabot, secrétaire général du SER.

Offre technique et services à valeur ajoutée

La démarche visant à valoriser et promouvoir le savoir-faire français du secteur à l’international compte aussi « offrir une visibilité » à ces acteurs notamment vis-à-vis des « donneurs d’ordre institutionnels et potentiels partenaires tant en France qu’à l’étranger ». Secteur prioritaire de l’État français depuis l’accord de Paris sur le climat de 2015, les énergies renouvelables comptent des entreprises nationales performantes, mais encore trop méconnues. Or le temps presse pour se positionner sur un marché en plein essor, mais terriblement concurrentiel.

Nicolas Hulot, ministre français de la transition énergétique et Antoine Siva son homologue kenyan, ont inauguré en décembre la centrale solaire pilote d’Urbasolar au Kenya. ©DR

« Les entreprises françaises tirent leur épingle du jeu en complétant leur offre technique par des services apportant de la valeur ajoutée au contrat pour le pays qui reçoit l’installation », explique Cyril Carabot. Plus question de vendre du kilowatt « vert » au plus bas coût, il faut ajouter des prestations de type maintenance des locaux, transfert technologique, smart grids, stockage d’énergie ou création de centre d’excellence à l’instar d’Urbasolar au Kenya.

Sunna Design distinguée à Abu Dhabi

Le 7 décembre dernier, ce spécialiste français du photovoltaïque et l’université de Kenyatta ont inauguré en présence de Nicolas Hulot, ministre français de la transition énergétique et Antoine Siva son homologue kenyan, une centrale solaire pilote implantée dans l’université. Son principal but est de former les professionnels kenyans et est-africains au photovoltaïque. « Sur des projets petits et moyens (moins de 80 millions d’euros), les PME et ETI françaises s’en sortent bien, car ils intéressent moins les grands consortium », ajoute Cyril Carabot.

Le producteur d’électricité renouvelable Neoen construit une centrale solaire de grande puissance en Zambie. ©Neoen

Le producteur d’électricité renouvelable Neoen vient ainsi de lancer la construction de la 1ère centrale solaire de grande puissance (54 MWp) de Zambie, sur un terrain de 52 hectares à Bangweulu. Ce marché, porté en partenariat avec l’américain First Solar totalise un investissement de 60 millions de dollars. Une autre pépite française, Sunna Design, spécialisée dans l’éclairage public solaire « autonome et intelligent », a reçu en janvier le prix Zayed Future energy lors de la 11e édition du World Future Energy summit à Abu Dhabi.

Demande forte en Afrique

« La technologie de Sunna Design n’impacte par uniquement la qualité de vie des communautés rurales, elle contribue également à l’évolution des villes intelligentes de demain », a souligné le docteur Nawal Al-Hosany, directrice du prix distinguant les initiatives privées les plus innovantes en matière d’énergie.

Sunna Design, spécialisée dans l’éclairage public solaire ” autonome et intelligent “, a reçu en janvier le prix Zayed Future energy.©DR

Toute l’innovation réside dans la « convergence du solaire, du stockage d’énergie, de l’éclairage LED et du digital », développe Sunna Design, embarquée dans les lampadaires autonomes et résistants aux environnements extrêmes où la température atteint 70°C. La start-up qui annonce 12 000 lampadaires solaires vendus dans plus de 40 pays a inauguré en janvier une usine au Mali en vue d’équiper le pays de ses dispositifs d’éclairage. « L’activité économique dynamique dope la demande en électricité en Afrique avec un énorme enjeu de raccordement aux réseaux », souligne Cyril Carabot, « les Etats veulent de plus verdir leur mix énergétique ».

 

 

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