D. Perrault : “Le développement du sous-sol est une réserve d’innovations infinies”

Auteur de la nouvelle gare de Gangnam à Séoul, l’architecte explique les fondamentaux du Lightwalk et ses similitudes avec la gare Villejuif-Institut Gustave Roussy du futur métro Grand Paris Express.

Comment se répartissent les rôles entre votre agence et Junglim consortium Séoul ?

Le consortium qui a remporté ce concours face à des architectes internationaux (1) est composé de Dominique Perrault Architecte (DPA) à Paris chargé du design et Junglim Architecture à Séoul responsable du développement. Un département DPA-Asie a été créé à cette occasion pour accompagner ce grand projet et étendre notre influence dans cette partie du monde, qui a toujours accueilli le meilleur de nous-mêmes à travers plusieurs projets : l’université féminine EWHA à Séoul, la Fukoku Tower à Osaka (Japon), ou encore aujourd’hui le Student Center pour l’Université de Gadjah Mada à Yogyakarta et un projet de rénovation intérieure pour l’entrée d’une tour d’une grande banque indonésienne à Jakarta (Indonésie).

En quoi ce projet est-il une avancée dans votre démarche en faveur d’un meilleur usage du sous-sol ? 

Le « Lightwalk » sera le premier projet de cette ambition et d’une telle ampleur, stratégique dans une métropole de dimension planétaire. L’espace souterrain, dans les grandes métropoles, est au croisement de plusieurs enjeux que sont la densification, le développement durable et le besoin d’accroître les mobilités. Le développement du sous-sol, 3e dimension de la ville, est une réserve d’innovations infinies, et permet de préserver le patrimoine bâti et paysager en surface.

Dominique Perrault.©Patrick Swirc

Par ailleurs, même en sous-sol, nous cherchons à associer nature et espace public à l’architecture, même lorsqu’il s’agit d’infrastructures de transport. A Séoul, l’infrastructure souterraine sera protégée contre la pollution, le froid ou la chaleur, la performance écologique sera bien meilleure qu’au-dessus du sol, celui-ci constituant un isolant naturel.

Y a-t-il des similitudes entre la gare de Villejuif-Institut Gustave Roussy du futur métro Grand Paris Express et le « Lightwalk » de Séoul ?

On retrouve dans les projets de Villejuif et de Séoul la même démarche d’apporter le vide et la lumière en profondeur pour y créer un réseau vivant, durable et global. Il en est de même à Naples, dans le projet pour la station de métro de la place Garibaldi.

Ces projets sont autant d’expertises et de références qui montrent que nous pouvons élargir notre monde sans faire table rase de l’existant, en lui donnant des « compléments alimentaires » pour nourrir au sens propre comme au figuré la ville par son épiderme, c’est à dire par le dessous.

“On retrouve dans les projets de Villejuif et de Séoul la même démarche d’apporter le vide et la lumière en profondeur pour y créer un réseau vivant, durable et global”, Dominique Perrault. ©Rayus_Dominique Perrault Architecte

La ville de Séoul avec ce dispositif prend la place de New-York City ou de Tokyo, et devient leader en matière de réinvention des Downtown. Enfin, si la complexité du montage opérationnel est très similaire à celle que l’on peut trouver dans le Grand Paris, le planning est beaucoup plus serré : avec un concours en 2017 et une livraison prévue fin 2023.

(1) AZPML (UK), Zaha Hadid (UK), Nikken Sekkei (Japon), Kohn Pedersen Fox (USA) et Snohetta (Norvège).

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