C’est une innovation mondiale que Syntony s’apprête à diffuser un peu partout sur la planète, du moins dans les tunnels. La start-up toulousaine a adapté aux souterrains le système de géolocalisation satellitaire. « Les systèmes de géolocalisation de type GPS ne fonctionnent que si l’appareil est en vision directe avec les satellites », explique Christian Bec, vice-président et co-fondateur de Syntony avec Joël et Béatrice Korsakissok. « Dans le métro ou sous un tunnel routier, le principe de triangulation entre satellites, et/ou les antennes relais ne fonctionne plus ». De nombreuses applications permettent via WiFi ou Bluetooth de se positionner, mais encore faut-il connaitre cette application et ensuite la télécharger. De même, impossible d’installer des antennes dans les tunnels, au risque de mettre en danger la vie des gens.
Béatrice et Joël Korsakissok, les fondateurs de Syntony, ont reçu Emmanuel Macron à Toulouse lors de la campagne des présidentielles.©Syntony
15 ans de recherche
Pour s’affranchir de ces freins techniques, Syntony a conçu un logiciel qui « génère un signal à travers les câbles rayonnants installés dans les tunnels par les opérateurs de téléphonie mobile », ajoute Christian Bec. « On simule la constellation de satellites en calculant l’information qu’il faudrait recevoir à tel endroit puis on renvoie cette information ». Cela parait simple, mais il a fallu 15 ans de recherche à Syntony pour arriver à ce niveau de technologie issue de l’industrie spatiale. C’est ce qui explique sa réussite mondiale. Premier à avoir testé la solution de la start-up française en 2016, le métro de Stockholm est à ce jour le premier au monde dont les 50 stations sont reliées au GPS. « La capitale suédoise avait lancé un appel d’offre pour trouver un simulateur de constellation capable de faire fonctionner le GPS dans ses tunnels et seul Syntony avait un process abouti », raconte Christian Bec. Depuis les contrats s’enchainent à un rythme soutenu : Helsinki, Munich, Toulouse, New York et Marseille pour son tunnel routier vont équiper une première ligne.
2e levée de fond
« C’est la procédure, ensuite on ajuste en fonction des besoins locaux, puis on installe le dispositif sur toutes les lignes », poursuit le vice-président qui prévoit près d’une dizaine de nouvelles commandes d’ici la fin de l’été à Lyon, Eurotunnel, Montréal, Los Angeles, Toronto, Séoul, Moscou, Singapour et Lisbonne. L’engouement se justifie surtout pour des raisons de sécurité vis-à-vis des équipes techniques qui interviennent dans les tunnels et perdent tout contact avec la surface faute de radio équipée de GPS. La solution de Syntony permet aussi d’optimiser les inspections des techniciens chargées de la maintenance. « Difficile de retrouver précisément la localisation d’une défaillance dans un tunnel sans pouvoir la géolocaliser », détaille Christian Bec, « les opérateurs peuvent désormais prendre une photo qui indiquera l’endroit ».
Le chiffre d’affaires de Syntony devrait tripler en un an et les effectifs (30 personnes) doubler.©Syntony
Tokyo envisage de s’équiper de cette solution pour suivre les déplacements des personnes à mobilité réduite afin de savoir à quelle station récupérer une personne qui a besoin d’une assistance. L’enjeu pour Syntony qui a créé une filiale à New York va désormais consister à gérer sa croissance. Attendu entre 5 et 6 millions d’euros au 30 juin 2018, le chiffre d’affaires devrait tripler en un an et les effectifs (30 personnes) doubler. Pour ce faire, la start-up compte boucler sa deuxième levée de fond de 10 millions avant l’été.